Pour cerner le comportement humain, il faut d’abord comprendre que la structure psychologique de l’homme suit rigoureusement sa propre réalité. Cela implique que d’un point de vue structurel, ni l’Ego ni le Moi ne sont en mesure de s’identifier à une contradiction. L’Ego ne peut accepter qu’il s’agisse d’une erreur car l’erreur, c’est la contradiction, qui est en soi un concept quantitatif. Etant donné que l’Ego est dépourvu de réalité quantitative, il n’est pas sujet aux jugements quantitatifs. En outre, le Moi d’un sujet ne peut pas accepter une contradiction provenant du Contexte, puisque le Contexte accusateur identifie automatiquement le Moi du sujet à l’Ego de celui-ci, constituant ainsi une contradiction d’un point de vue structurel ; or, comme nous l’avons vu, il s’agit là d’une impossibilité.

Les erreurs, les mauvais calculs, les inexactitudes, les gaffes et les faux pas sont souvent associés au Moi. Bien que nous identifiions le plus souvent correctement le responsable présumé d’une contradiction (erreur), lorsque le sujet en erreur perçoit cette contradiction, il ressent également l’impossibilité structurale que représente la relation avec celle-ci, et il se trouve forcé par l’exigence structurale de nier tout rapport avec elle.

Il est intéressant de noter qu’une fois que le Contexte a créé, à tort ou à raison, un lien entre un comportement donné et la contradiction qu’il représente, cela entraine un minimum de dégâts structuraux. En effet, ce Contexte est incontournable et il perçoit le sujet comme étant en auto-contradiction. Lorsque nous sommes accusés d’être en contradiction, nous nous sentons obligés non seulement de récuser cette accusation, mais aussi de neutraliser ou de compenser la contradiction en question.

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